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Orchestre Bernard Thomas - Chef de choeur : Michel Piquemal

Gabriel Fauré Requiem - Messe Basse

1986
Gabriel Fauré



Review

Requiem : Enregistré en Juin 1984 en l'Eglise de Notre-Dame des Blanc-Manteux

Messe basse : enregistré en Juin 1985 en l'Eglise évangélique Allemande de Paris

Le compositeur

REQUIEM

     Le grand mérite philosophique de cet adieu à la vie réside dans sa sensibilité et sa modestie. Fauré a su regarder la mort en face en prenant le recul nécessaire pour assigner à notre dernier soupir la modeste place qu'il doit occuper dans l'impitoyable harmonie de l' univers.

     C'est le musicologue Emile Vuillermoz qui a défini ainsi le Requiem de Fauré. De fait, on ne trouve nulle trace de grandiloquence ou d'effroi dans cette messe des morts, écrite par Fauré en 1886, peu de temps après la disparition de son père. Fauré a été formé à l'école Niedermeyer, une école de musique religieuse. Il a été organiste dans plusieurs églises avant de devenir, en 1877, maître de chapelle à la Madeleine.

     Il vit dans une atmosphère religieuse sans être véritablement croyant. Pourtant, dans toutes ses compositions religieuses- Cantique de Jean Racine, nombreux motets, deux messes dont ce Requiem - il émane une sorte de piété grave et tranquille. Dans sa première version, ce Requiem comptait une instrumentation relativement réduite avec une prédominance des cordes graves (altos, violoncelles, contrebasses), un violon solo, une harpe, un orgue et trois trombones. La seconde version, devenue la plus célèbre, a élargi la formation symphonique. L'oeuvre comprend sept parties : Introït et Kyrie, Offertoire, Sanctus, Pie Jesu, Agnus Dei, Libera me, In Paradisum.

     L'absence du traditionnel Dies Irae, expression de la terreur du jugement et de la colère divine, est tout à fait significative de l'esprit de ce Requiem. Il exprime l'espoir dans l'au-delà. Les voix chantent la miséricorde de Dieu, sa mansuétude. Toute la noblesse et la sérénité de la langue de Fauré, son émotion contenue, sa tendresse sont dans ce chef-d'oeuvre qui fut interprété autour de son propre cercueil en cette même église de la Madeleine, quarante ans après sa création.

MESSE BASSE

     Telle qu'elle nous est connue à travers son édition de 1907, la Messe Basse pour trois voix de femmes et orgue comprend un Kyrie, un Sanctus, un Benedictus et un Agnus Dei.

     Mais il est vraisemblable qu'elle fut considérablement remaniée lors de cette publication. Elle avait sans doute été composée bien des années auparavant et fut chantée dès 1881 dans l'église de Villerville, un petit port de la côte normande. Les Clerc, riches industriels parisiens et véritable famille d'adoption de Gabriel Fauré, y possédaient une résidence où le musicien aimait à se rendre avec eux.

     Dans sa version initiale, cette messe a du y être interprétée par un choeur d'amateurs accompagné à l'harmonium. Dans ces conditions, il est naturel que cette petite messe, comme l'appelait Fauré, soit dénuée de toute emphase mais au contraire empreinte de douceur et de paix. Une simplicité qui exalte l'émotion propre à la langue de Fauré.